Journal du Jeudi N°1297 du 28 juillet au 03 août 2016


Inondations à répétition dans les villes : préfère-t-on guérir que prévenir ?

Presqu’une réédition de la catastrophe du 1er septembre 2009, ainsi peut-on dire de l’inondation que la ville de Ouagadougou vient de vivre au milieu de la semaine écoulée. Des pans de routes endommagés, des ponts cédés, des maisons d’habitation écroulées, sans compter les autres biens matériels emportés par la furie dévastatrice et ces pauvres sinistrés sans abri à reloger...

Comme en 2009, on voit que les autorités sont visiblement en train de faire des pieds et des mains pour endosser la tunique du bon Samaritain. Naturellement, l’essence de l’Etat, c’est qu’il soit à même de pouvoir porter secours à ses citoyens lorsque ceux-ci se retrouvent dans des impasses. Il n’y a rien d’extraordinaire dans ce que nos premières autorités sont en train de faire pour essayer d’apporter assistance aux infortunés de cette pluie diluvienne du mercredi 20 au jeudi 21 juillet 2016.
Il n’en demeure pas moins que la survenue de cette inondation suscite bien des interrogations sur les mesures préventives que l’Etat devrait prendre pour ne pas avoir à devoir courir chaque fois après les évènements de ce genre. En cela, il y a lieu de dire que la catastrophe de 2009 devait normalement avoir fait école. Or, sept ans après, la leçon a-t-elle survécu dans la tête de nos pouvoirs publics?
Il existe des mesures anticipatoires que l’on aurait dû prendre pour endiguer ce type de calamité naturelle avec son corollaire néfaste. Pourquoi les pouvoirs sont-ils permissifs concernant les installations anarchiques dans la ville au point d’obstruer l’écoulement des eaux de pluie? En effet, lorsque l’on fait un tour dans la ville de Ouagadougou comme dans les autres centres urbains, on constate qu’il y a toutes sortes d’installations de commerce sur les caniveaux. Outre cette permissivité d’érection sur les canaux d’évacuation des eaux, il y a malheureusement cet incivisme notoire des usagers qui y déversent toutes sortes de déchets. La situation devient encore grave lorsque le permissivisme des autorités publiques est tel qu’elles vont jusqu’à autoriser la construction de bâtiments sur les circuits naturels des eaux. Certes, le tout nouveau maire de Ouagadougou a dit que son institution allait sans tarder détruire toutes ces installations anarchiques. Mais il y a lieu de se demander pourquoi n’avoir pas, dès le départ, empêché celles-ci? Cela n’est-il pas une attitude de medicus post mortem?
Que cela plaise ou pas, ce ne peut que l’être! Et c’est fort dommage que l’on n’ait pas eu assez de présence d’esprit pour savoir qu’en laissant s’installer ces boutiques, il y aurait des problèmes d’évacuation des eaux plus tard. D’ailleurs, ce problème s’était déjà posé dès la catastrophe du 1er septembre 2009. Pourquoi ne l’a-t-on pas éradiqué depuis? Vu la géomorphologie d’une ville comme Ouagadougou -qui est relativement plane, il ne devrait normalement pas avoir beaucoup de problème dans le drainage des eaux de pluie quelle que soit leur quantité. La solution est bien entendu d’avoir de la vision dans la construction des édifices d’évacuation. A ce niveau il faut dire que la plupart des infrastructures sont étriquées et peu profondes, par conséquent inadaptées aux fortes pluies. Et quand on laisse des installations anarchiques se faire sur celles-ci, il ne peut pas ne pas y avoir d’inondation en cas de fortes averses.  Espérons que cette fois-ci l’on va songer à résoudre définitivement le problème, non pas à moitié, mais de façon définitive et pérenne. Espérons bien vraiment...