Journal du Jeudi N°1063 du 2 au 8 février 2012


M egd’!  Ma bécane en panne depuis une semaine, je n’avais pas d’autre moyen pour rallier le fin fond du vieux quartier de Simonville que d’emprunter le seul taxi qui s’y rend régulièrement. Le vieux tacot était si déglingué qu’il perdait toute son huile en cours de route. A son volant, un chauffeur à moitié sourd et aveugle. A quelques encablures du non-loti, c’est un énorme policier en uniforme qui nous arrêta. Le vieillard n’ayant aucun papier à jour, il ne pouvait que subir la dure loi du racket. Comme il feignait de n’avoir rien pour graisser la patte du poulet, ce sont les passagers qui durent en pâtir. Megd’!
Megd'alors !Le taximan a commencé à palabrer, pendant plus d’une heure, sur la sécurité et le Code de la route qu’une poule aurait mieux connus. Mon énervement était au plus haut point. Si ma P50 n’avait pas été naze, j’aurais déjà été en train de siroter une délicieuse Guigui transpirante en compagnie de mon vieux pote. Le pire, c’est que pendant ce temps-là, un nombre incalculable de véhicules brûlait le feu et le flic ne voyait rien du tout! En fait, il n’en avait cure. Son souci était de retirer les derniers sous que lui cachait le chauffeur de taxi. Megd’!
Il a fini par cracher deux mille balles dans le bassinet du racket. Et quand nous avons enfin pu reprendre la route, nous avons mis plus d’une heure à rejoindre le clapier de mon pote. Et quand je suis arrivé, il était déjà reparti au maquis, certainement fatigué de m’attendre. Ne sachant quoi faire, j’ai décidé de repartir. Megd’! Il fallait encore s’enfourner dans un autre taxi exactement dans le même état que le précédent, et après avoir commencé à zigzaguer dans la circulation dense de ce début d’après-midi, un autre salopard en uniforme nous fit signe de nous arrêter! Megd’!
Là, c’en était trop. J’ai préféré continuer ma route à pied plutôt que d’attendre encore une heure à absorber la poussière. Surtout que j’ai fait inutilement un premier trajet. Avec les deux cents balles que j’ai pu sauver, je suis allé tout droit dans le maquis le plus proche pour me désaltérer avec une bonne Guigui. Tant pis pour le chauffeur de taxi. Megd’alors!