Journal du Jeudi N°1231 du 23 au 29 avril 2015


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C'est un monde: drame méditerranéen

C'est un monde

Drame méditerranéen

C’est ce jeudi que se tient un sommet extraordinaire pour répondre au drame des migrants en Méditerranée. Décidé en urgence lundi dernier, ce sommet intervient après une série noire de naufrages qui ont fait plus de 1 600 morts ou disparus depuis le début de l’année, selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Mais surtout, ce conclave de l’Union européenne est une réaction formelle au naufrage d’un chalutier, survenu dimanche dernier à 110 km des côtes libyennes.
Pour l’Union européenne, il s’agit de «prendre le problème à bras-le-corps» et «continuer à travailler sur les causes profondes de l’immigration et particulièrement sur l’instabilité dans la région, de l’Irak à la Libye».
Selon les survivants, le chalutier, qui tentait de rejoindre l’Europe, transportait 700 passagers. C’est un mouvement de foule qui l’a fait chavirer, alors qu’approchait un cargo portugais appelé à son secours. Au total, le drame a fait 800 morts, selon le décompte des institutions spécialisées, devenant ainsi la «pire hécatombe jamais vue en Méditerranée». En effet, les représentants du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estiment que seules 28 personnes ont survécu à ce naufrage. «Les survivants viennent du Mali, de Gambie, du Sénégal, de Somalie, d’Erythrée et du Bangladesh», a précisé M. Di Giacomo de l’OMI.
«Nous avons confronté les témoignages, il y avait un peu plus de 800 personnes à bord, dont des enfants de 10, 12 ans. Il y avait des Syriens, environ 150 Erythréens, des Somaliens... Ils étaient partis samedi de Tripoli, en Libye», a notamment expliqué Carlotta Sami, porte-parole du HCR en Italie.
Alors que les réactions continuent d’affluer au sujet de cet énième drame, le pape François a pour sa part appelé à «agir avec décision et rapidité» face à la multiplication des tragédies en Méditerranée. «Les migrants sont des hommes et des femmes comme nous», a-t-il indiqué. Quant au chef de l’Etat français, François Hollande, il a fustigé ceux qui mettent des gens sur les bateaux, les qualifiant de «terroristes». Car, a-t-il martelé, «ils savent parfaitement que ces bateaux sont pourris».

Phil (Avec Agences)

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