Journal du Jeudi N°883 du 21 au 27 août 2008


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C'est un monde: courage, partons!

C'est un monde

Courage, partons!

Plutôt partir qu’être destitué, c’est la devise de Pervez! Un riche Musharraf, sentant sa destitution imminente, fit venir la télévision et parla, avec de nombreux témoins du monde, à ses pairs. Gardez-vous, leur dit-il, de vous laisser chasser du pouvoir comme Mobutu, balayer comme Guéï, vous entêter comme Mugabe... Un orage vous le fera sentir et vous regretterez de ne pas l’avoir dégagé à temps...
Ainsi, le grand Pervez, «allié de choix» des puissances occidentales dans la lutte contre le terrorisme, a préféré plier, plutôt que de subir la désillusion d’un départ forcé. En stratège militaire, Musharraf a choisi de prendre les devants, restant ainsi maître de sa chute, euh... enfin de sa démission. Une décision sage, en somme, même s’il lui a fallu se cramponner longtemps à ce pouvoir, usant, au gré des circonstances, de méthodes décriées d’intimidation, et même de l’instauration de l’état d’urgence, pour mater toute contradiction.
Mais, sans doute était-il écrit que l’enfermement constitutionnel allait le rattraper pour lui infliger une sévère déculottée. Depuis leur victoire aux élections législatives de mars dernier, les deux leaders de la coalition au pouvoir, Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto, pour le Parti du peuple pakistanais (PPP) et l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif, pour la Ligue musulmane du Pakistan, n’ont eu de cesse de réclamer le départ de l’ex-homme fort de Islamabad. Déterminés, ils ont annoncé, le 7 août, la procédure de destitution dont l’acte devait être examiné «avant mardi» par le Parlement.
Selon l’acte d’accusation, Pervez Musharraf, qui s’en défend, se serait rendu coupable de «mauvaise administration et violation de la Constitution». Il a, en effet, limogé, en 2007, près de soixante magistrats, dont ceux de la Cour suprême, pour assurer sa réélection, et a instauré, pendant un mois, l’état d’urgence pour, ensuite, l’imposer. Sentant le vent tourner, Pervez, arrivé au pouvoir en 1999 à la faveur d’un coup d’Etat, à rendu le tablier, s’arrachant de justesse de ce fauteuil qui commençait à lui chauffer sérieusement les fesses.
Il reste qu’on se perd en conjectures sur l’avenir de l’homme, ainsi que sur celui du Pakistan...

Phil

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