Journal du Jeudi N°1210 du 27 novembre au 3 décembre 2014


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C'est un monde: le Togo rêve de révolution

C'est un monde

Le Togo rêve de révolution

Le Togo sera-t-il le prochain pôle de soulèvement populaire à la burkinabè? En tout cas, en appelant vendredi dernier à une manifestation pour exiger la limitation du nombre des mandats présidentiels, l’opposition togolaise a clairement menacé le pouvoir de Faure Gnassingbé d’un «scenario burkinabè». En effet, si le mandat du chef de l’Etat est limité à deux termes dans tous les pays de la sous-région, le Togo est l’exception politique qui confirme la règle constitutionnelle. C’est en 2002 que Gnassingbé père a fait sauter le verrou de la limitation à deux termes, votée à 90% en 1992 par les Togolais. Une mesure que le fils n’a pas envie de restaurer.
En sortant dans la rue vendredi dernier, l’opposition voulait montrer sa mobilisation pour exiger notamment des réformes sur les «conditions d’éligibilité du président de la République, la durée et la limitation des mandats présidentiels, l’institution d’un Sénat, la réforme de la Cour constitutionnelle». En face, les partisans du pouvoir ont également battu le pavé pour appeler au statu quo qui arrange bien leur champion. Marche et contremarche ont ainsi animé les rues de Lomé et d’autres villes du pays au cours du week-end dernier. Avec une forte administration de gaz lacrymogènes, notamment pour réprimer les marcheurs de l’opposition, qui déplorent deux blessés graves.
De toute évidence, un nouveau match de la rue vient de commencer au Togo autour des réformes  politiques. Un projet de loi sur cette limitation des mandats avait été déposé il y a quelques mois par le gouvernement sur la table de l’Assemblée nationale, majoritairement acquise au pouvoir, qui l’a rejeté. L’opposition, qui caresse davantage l’idée d’un scénario à la burkinabè, crie à la manipulation là où le parti au pouvoir réaffirme la «bonne foi» du président Faure Gnassingbé. Pour Eric Dupuy, secrétaire national à la communication de l’Alliance nationale pour le changement (ANC, opposition), «chaque fois que la population réclame des réformes, le régime fait sortir l’armée, la police et la gendarmerie pour mater l’opposition».
En tout état de cause, les échauffourées sociopolitiques sont loin d’être terminées au pays des Eyadéma. L’Organisation togolaise de défense des droits de l’Homme a en effet prévu de manifester de nouveau demain le 28 novembre.

Phil (Avec Agences)

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