Journal du Jeudi N°1301 du 25 au 31 août 2016


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C'est un monde: les Africains au cœur des J.O

C'est un monde

Les Africains au cœur des J.O

Les sportifs africains ont battu leur record en remportant 45 médailles, dont 11 médailles d'or aux Jeux Olympiques 2016.
Parmi les 11 pays africains ayant remporté des médailles, c'est le Kenya qui remporte la première place du podium (13 médailles, dont 6 en or), suivi par l'Afrique du Sud (10 médailles, dont 2 en or) et l'Ethiopie (8 médailles, dont 1 en or).  
Si ce nouveau record africain aux J.O a su faire parler de lui, c'est un autre évènement, extra-sportif cette fois, qui a mis l'Afrique au-devant de la scène.
Feyisa Lilesa, coureur éthiopien médaillé d'argent au marathon, a suscité une vague d'émotion dimanche 21 août. En franchissant la ligne d'arrivée du marathon masculin, Feyisa Lilesa a croisé ses poings au-dessus de sa tête pour marquer son soutien aux manifestants s'opposant au régime éthiopien.  «C'est un signe de soutien aux manifestants qui sont tués par le gouvernement de mon pays. Ils font le même signe là-bas. Je voulais montrer que je n'étais pas d'accord avec ce qui se passe, j'ai des proches et des amis en prison. Le gouvernement tue mon peuple, les Oromos, des gens sans ressource», a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse une heure plus tard.
Depuis plusieurs semaines, l'Ethiopie est le théâtre de manifestations menées majoritairement par les deux ethnies principales, Oromo et Amhara, s'opposant au gouvernement en place et l'accusant de favoriser les Tigréens, majoritaires, au pouvoir. Selon les médias locaux, plus de 50 manifestants ont été tués par les forces gouvernementales. 
«L'Ethiopie a beaucoup d'ethnies. Certaines ont été privées de leurs terres, tuées par le gouvernement. On défend nos droits, on veut la paix, la démocratie. Pour mon peuple, c'est important de parler de ces sujets. Il y a des manifestations depuis neuf mois, plus de 1 000 décès je pense. C'est dangereux de parler de ça, mais les pays occidentaux supportent ce gouvernement. Pourquoi?»
Interrogé sur les conséquences d'un tel geste à son retour en Éthiopie, le jeune homme a répondu: ««Des risques? Peut-être que je vais être tué, peut-être que je vais être mis en prison, retenu à l'aéroport, ou obligé de partir dans un autre pays.»
Lundi 22 août, le gouvernement éthiopien a assuré que le coureur ne serait pas inquiété à son retour au pays.

Poug-nèèré
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