Journal du Jeudi N°1224 du 5 au 11 mars 2015


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C'est un monde: Mali : accord et désaccords

C'est un monde

Mali : Accord et désaccords

Sept mois de concertations et cinq rounds de négociations. Voilà ce qu’il aura fallu à l’Algérie pour arracher un accord sur la crise malienne.
Attendu depuis les lendemains des élections générales (présidentielle et législatives de 2013), l’accord de paix et de réconciliation, paraphé dimanche dernier à Alger, doit encore être formellement signé dans les semaines à venir au Mali. La médiation menée par l’Algérie vient donc de marquer un point, même si de la coupe de ce document «signé-paraphé» aux lèvres d’une véritable réconciliation et d’une concorde manifeste, il y a encore du travail et des doutes. Des doutes qui s’expriment déjà en désaccords.
En effet, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui regroupe six mouvements en faveur de l’autonomie du nord du Mali, n’a pas (encore?) validé le texte. Ces derniers souhaitent avoir la caution de leurs bases. Des manifestations ont du reste été organisées contre le texte à Kidal, Ménaka et Ber. Principal objet de récrimination: le texte ne mentionne pas de perspective d’autonomie pour le Nord ou de fédéralisme. Pomme de discorde entre l’autorité centrale de Bamako et une bonne partie des mouvements rebelles sécessionnistes, la revendication pour une existence autonome et légale de l’Azawad n’est plus à l’ordre du jour. Selon l’accord de dimanche dernier, le Mali reste «uni et laïc». Comment donc «faire avaler à l’Azawad que l’Azawad n’aura pas d’existence légale après avoir clamé le contraire»? C’est là, sans doute, la délicate partie de poker qui s’engage maintenant: ne s’en tenir qu’à la seule concession de forme qui admet l’existence de l’Azawad comme une «réalité humaine».
On peut donc rester optimiste avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, qui affirme que «cet accord a la valeur d’une boussole crédible et efficace vers la paix». Et s’inquiéter toutefois du poids des «signataires en suspens», parmi lesquels on retrouve, outre le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), l’incontournable Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui reste un acteur central pour toute forme de solution dans cette crise malienne. La question est donc sur toutes les lèvres: que vaut un accord sans le MNLA?

Phil (Avec Agences)

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