Journal du Jeudi N°1288 du 26 mai au 1er juin 2016


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C'est un monde: Zuma, l'injusticiable

C'est un monde

Zuma, l'injusticiable

Le président sud-africain échappe encore une fois aux poursuites pour corruption. Lundi 23 mai, le parquet a décidé de s’opposer au rétablissement des poursuites pour corruption contre le président Jacob Zuma.
Il ne s’agit pas moins de 783 chefs d’inculpation. En 2007, alors que Jacob Zuma était à la tête de l’ANC, le parti au pouvoir, il avait été inculpé de corruption, fraude fiscale et racket pour une grosse commande d’armement public de 4,8 milliards de dollars. Un contrat conclu à la fin des années 90 par le gouvernement sud-africain avec plusieurs entreprises européennes, parmi lesquelles l’entreprise française Thalès. Le patron du parti avait alors été accusé d’avoir accepté des pots-de-vin pour l’attribution du marché public.
En 2009, seulement quelques semaines avant son élection à la présidence, le parquet avait abandonné les quelque 783 charges pour vice de forme. Depuis l’abandon des poursuites, l’opposition a tenté plusieurs fois de faire rouvrir le dossier et a finalement obtenu satisfaction.
Le 29 avril dernier, la Haute Cour de Pretoria a jugé «irrationnel» l’abandon des charges contre l’actuel chef d’Etat et a demandé à ce que le verdict soit «revu», ajoutant que le président “devrait être poursuivi pour ces chefs d’inculpation”.
Lundi dernier, le procureur général Shaun Abrahams a déclaré être défavorable au rétablissement des charges. Après avoir assuré l’Independence du parquet, il a expliqué qu’il allait faire appel au jugement de la Haute Cour: «Le pouvoir du procureur d’ouvrir des poursuites ou d’y mettre fin doit être exercé en fonction de nos préceptes. Et doit être libre de toute interférence politique, publique ou judiciaire. C’est pour cette raison que j’ai décidé de faire appel de la décision de la Haute Cour de Pretoria.»
La décision revient donc à la Cour d’appel qui devra se prononcer sur la recevabilité de l’appel du parquet.
Mais ce n’est pas tout, le président traîne bien d’autres casseroles! À seulement trois ans de la fin de son mandat, le président sud-africain accumule les déboires.
Accusé d’avoir utilisé 20 millions d’euros d’argent public pour réfectionner sa résidence privée, Jacob Zuma a été reconnu coupable en mars dernier de violation de la loi suprême par la Cour constitutionnelle et contraint à rembourser la somme.
Si le parti de l’ANC lui est toujours fidèle, depuis quelques mois plusieurs voix en son sein s’élèvent pour demander son départ...

Poug-nèèré
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