Journal du Jeudi N°1250 du 3 au 9 septembre 2015


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C'est un monde: femmes et stress

C'est un monde

Femmes et stress

Pour ceux qui en doutaient encore, une nouvelle étude vient de confirmer, si besoin en était, que le milieu professionnel est semé d’embûches pour les femmes. Réalisée par des chercheurs de l’université de l’Indiana (Etats-Unis), l’étude a été présentée récemment, lors du 110e meeting annuel de l’American Sociological Association. Elle conclut que «travailler dans un milieu majoritairement masculin serait extrêmement néfaste pour la santé» des femmes. Et cela pour plusieurs raisons.
L’étude pointe notamment «le stress chronique, les pressions diverses, pouvant virer au harcèlement, ainsi qu’une remise en cause constante de leur travail» comme des éléments pouvant favoriser certaines maladies et augmenter les risques de mortalité. «Si l’on rajoute à cela les flagrants écarts de salaires qui persistent dans de nombreuses entreprises, le travail peut parfois être synonyme de chemin de croix pour certaines femmes», précisent les chercheurs.
C’est en étudiant le taux de cortisol - une hormone dont la sécrétion augmente significativement lorsqu’un individu est en état de stress - chez près de 440 femmes que les scientifiques se sont rendu compte de l’état stressant des femmes dans leur environnement professionnel. En s’intéressant uniquement aux facteurs professionnels, les analyses ont révélé que le cortisol variait de manière bien plus inquiétante chez les femmes que chez les hommes occupant le même poste. «Les femmes qui occupent des postes généralement réservés aux hommes ont des fluctuations importantes au cours de la journée, signe de mauvaise santé», explique notamment Bianca Manago, l’une des responsables de cette étude.
On évoque ainsi des variations qui sont à l’origine de «nombreux problèmes au foie, mais aussi d’insomnies et de dépressions», alors que «ces variations seraient bien plus faibles dans les milieux où le nombre d’hommes et femmes est équilibré». Les chercheurs notent enfin qu’une étude publiée en 2014 dans le Journal of Health and Social Behavior mettait déjà en garde contre «les risques de dépression chez les femmes occupant des postes à responsabilité élevée».
Et comme si cela ne suffisait, une autre étude évoquait, début août 2015, le fait que «les femmes sont souvent gelées au bureau» parce que... «la climatisation est réglée pour la chaleur produite par le corps d’un homme».

Phil (Avec Agences)

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