Journal du Jeudi N°1209 du 20 au 26 novembre 2014


Logo Etranger

C'est un monde: télébola

C'est un monde

Télébola

L’audiovisuel vient au secours de la santé, avec “Fight Ebola”, la première chaîne de télévision entièrement dédiée à la fièvre hémorragique. Mais comment retenir une audience avec un sujet aussi rabat-joie? Le téléspectateur vautré dans son canapé ne trouve pas toujours ragoûtantes les émissions télévisuelles sur la santé.
Pourtant, à l’heure de l’extrême spécialisation des chaînes, à la faveur des modes de diffusion, tout sujet semble susceptible de trouver son public. Après les canaux 100% météorologie ou 100% tuning, voici venue la chaîne de télé entièrement dédiée à la fièvre hémorragique. Il faut reconnaître qu’Ebola connaît une notoriété sans frontières, depuis que les chaînes d’information en continu déroulent la dramaturgie des contaminations à l’international. L’opérateur de satellites luxembourgeois SES a décidé de passer la vitesse supérieure en annonçant, ce 10 novembre, le lancement de la chaîne «Fight Ebola»; au moment même où l’Organisation mondiale de la santé évoquait le cap très prochain des 5 000 victimes du virus, dans huit pays...
Cible de ce nouveau canal? La population africaine pour qui la réception de «Fight Ebola» est gratuite, même si SES n’a pas obtenu de subvention. Ligne éditoriale? La sensibilisation aux méfaits du virus et à la manière d’y échapper, l’objectif affiché étant de «mieux éduquer la population». Audience potentielle? 20 millions de personnes susceptibles de capter la chaîne sur le continent africain, via deux satellites. Langue? Pour l’instant, exclusivement l’anglais et, bientôt, le français. Il restait à identifier les programmes de ce canal qui entend émettre en continu.
Gratuité pour gratuité, la grille de cette «télébola» est alimentée par des éléments prêtés gratuitement par des institutions comme l’Unicef ou Médecins sans frontières, mais également par des supports médiatiques partenaires. A l’heure d’une concurrence télévisuelle que les limites objectives du zapping rendent débridée, la profusion des programmes ne garantit plus l’audimat. Qui restera une heure devant des exposés sanitaires soporifiques, alors que la toute nouvelle chaîne A+ déverse les “vieilles” sitcoms africaines qui détendent les Subsahariens depuis le début des années 90.

Ernest Diasso (Avec Agences)

Retour en haut de page