Journal du Jeudi N°1204 du 16 au 22 octobre 2014


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C'est un monde: de l'exil à la prison ?

C'est un monde

De l'exil à la prison ?

En exil depuis six ans en Afrique du Sud, Marc Ravalomanana, ancien président de Madagascar, a été mis aux arrêts lundi dernier à son retour sur l’île. Selon une source proche de l’ancien chef de l’Etat dont plusieurs tentatives de retour avaient avorté par le passé, «une quarantaine d’éléments des forces spéciales ont forcé le portail de son domicile en tirant sur la serrure». Puis, les forces de l’ordre ont fouillé le domicile de fond en comble, ont trouvé Marc Ravalomanana avant de l’emmener. «Le président a été emmené, maintenu par deux éléments cagoulés», indique-t-on. Seulement, quelques heures plus tard, le président malgache, Hery Rajaonarimampianina, a démenti toute arrestation. Pour lui, «Marc Ravalomanana n’a pas été arrêté. Il n’a pas été emprisonné. Il est mis en sécurité contre les menaces de toutes sortes».
Condamné aux travaux forcés à perpétuité par contumace, pour la mort d’une trentaine de manifestants abattus devant le palais présidentiel en 2009, M. Ravalomanana avait annoncé, en juillet dernier, qu’il était prêt à comparaître devant une cour malgache pour répondre des accusations portées contre lui. Cela notamment après l’élection, en décembre 2013, d’Hery Rajaonarimampianina à la tête de l’Etat au terme de cinq longues années d’une crise politique aiguë. Ce changement positif intervenu dans la vie sociopolitique de la Grande Ile suite aux élections démocratiques, encadrées par la communauté internationale, a sans doute donné des ailes au projet de retour de Ravalomanana dans son pays.
Arrivé au pouvoir en 2002, le presque sexagénaire Marc Ravalomanana, homme d’affaires habitué aux succès, en a été chassé en 2009 par Andry Rajoelina. Autodidacte, Ravalomanana a intelligemment créé un empire agroalimentaire dans la Grande île avant de se faire élire maire de la capitale malgache, en 1999, alors qu’il était sans étiquette politique.
A partir de ce tremplin, il affronte et prend le meilleur, deux ans plus tard, sur le président Didier Ratsiraka, dans les urnes, puis dans la rue. Il aura tout de même fallu six mois de crise pour qu’enfin l’«amiral rouge» jette l’éponge en se réfugiant en France.
Mais après avoir fait illusion un moment, l’ambition du nouveau locataire du palais d’Iavoloha pour le pays est bientôt rattrapée par son ambition personnelle...

Phil (Avec Agences)

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