Journal du Jeudi N°1213 du 18 au 23 décembre 2014


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C'est un monde: immigration positive

C'est un monde

Immigration positive

Après l’«immigration choisie» chère à l’ancien chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, l’actuel locataire de l’Elysée semble décidé à mettre en exergue l’immigration positive. «Il faut que la société française puisse être représentée avec toutes les couleurs de la France», a-t-il notamment affirmé le 15 décembre dernier. C’était le premier discours que prononçait le président français sur ce sujet, à la faveur de l’inauguration du Musée de l’histoire de l’immigration, à Paris. Ouverte depuis 2007, cette enceinte avait fini par être parfois qualifiée de «musée fantôme».
L’intervention du chef de l’Etat français était très attendue. Aussi a-t-il invité ses compatriotes à ne pas laisser «la place vide pour des discours qui instrumentalisent la peur de la dissolution, de la dislocation, de la disparition» de ceux «qui rêvent d’une France en petit, une France en dépit, une France en repli». Mettant en avant l’importance du discours présidentiel, mais aussi le fait majeur que constitue l’inauguration de ce lieu de mémoire sept ans après son ouverture, l’entourage de François Hollande avait indiqué que «ce sera l’occasion de dire ce qu’est la France dans sa diversité et sa richesse, et sa reconnaissance pour les immigrés venus de toutes parts la sauver, la développer, l’enrichir».
Si l’opposition n’y voit que du vent, «le geste et le verbe positifs du président de la République» sont plutôt appréciés dans son camp. Ainsi, la députée Sandrine Mazetier, ex-secrétaire nationale du PS à l’immigration, y voit, dans le contexte actuel, «des allures de combat culturel». Là où Brice Hortefeux, ancien ministre (UMP) de l’Intérieur et de l’Immigration sous Nicolas Sarkozy, estime que ce «discours convenu ne changera strictement rien à la faiblesse de la politique du gouvernement».
Même si d’aucuns regrettent que ce plaidoyer en faveur de l’immigration ne soit pas intervenu au début de son mandat, François Hollande vient de se démarquer davantage de son prédécesseur dont il a corrigé le discours de Dakar de 2007, en affirmant, le 29 novembre dernier dans la capitale sénégalaise, que «l’Afrique est non seulement dans l’histoire mais [que] l’Afrique est aussi une partie de notre avenir».

Phil (Avec Agences)

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