Journal du
Jeudi N°892
du 23 au 29 octobre 2008
Megd’! A force d’écouter les gens rêver de voir un Noir diriger la grande Amérique, je finis par mordre aussi à l’hameçon. A défaut d’appartenir à ce pays riche et puissant, on peut au moins rêver d’avoir un de ses parents à la tête de la plus grande puissance mondiale. Rien que ça. Mais à y regarder de très près, je trouve quand même un peu con de vouloir lier, à tout prix, son destin à celui du brave Barack Obama. Megd’!
J’ai même envie de pleurer quand je vois cette horde de côcôs diplomatiques qui se liguent dans ce foutu pays pour, disent-ils, apporter leur soutien au sénateur de l’Illinois. Je veux bien qu’on s’intéresse aux élections américaines, mais je ne vois vraiment pas en quoi l’élection de Barack Obama peut changer mon destin dans ce foutu pays où l’écrasante majorité dépense moins d’un dollar par jour. C’est vrai que j’ai mangé le yellow du Cathwell à l’école primaire de mon village. Mais il n’a pas été nécessaire qu’un Noir soit à la Maison-Blanche pour ça. Megd’!
Que le prochain président yankee soit métis, noir ou blanc, ça me fout au pôle Nord. Il n’aura pas de compte à me rendre et moi non plus. Je ne m’intéresserai à lui que si et seulement s’il décidait, par exemple, d’intégrer le Faso dans le cercle restreint des pays ayant le dollar en partage. Ainsi, je serai sûr de pouvoir faire face aux dépenses de jus pour ma bécane et d’assurer régulièrement ma consommation quotidienne de Guigui. Je ne suis pas prêt à soutenir bêtement et au hasard des causes qui ne me rapportent rien. Megd!
Surtout pas avec des mendiants larmoyants qui font le malin parce qu’ils ont réussi à s’acheter veste et cravate France-au-revoir devant la Maison du peuple. Je sais combien coûtent ces pacotilles et je n’investirai d’ailleurs pas mes maigres ressources pour aller jouer les zouaves derrière quelqu’un. J’ai horreur de tous ces idiots qui se croient obligés de jouer les experts et les amis, des gens qui se mêlent des choses qui ne les concernent pas. Par contre, je serai heureux de voir Obama occuper après le 4 novembre prochain le bureau ovale. Mais je serai encore plus ravi s’il acceptait de venir partager une Guigui bien tapée avec moi dans le maquis de mon quartier. A ses frais, bien sûr. Megd’alors!