Journal du
Jeudi N°892
du 23 au 29 octobre 2008
Flore Yaméogo: réalisatrice à la RTB. Animatrice de l’appétissante émission «Bien manger, mieux vivre», elle s’est donné une nouvelle vie derrière le petit écran. C’est avec son tablier de réalisatrice qu’elle a remporté, le 10 octobre dernier à Genève, le prix 2008 de la communauté des radios et télévisions d’expression française pour son opus «Messagère d’espoir», un documentaire qui met en exergue l’action saillante de Mme Lucie Kaboré, promotrice de l’Association des veuves et orphelins du Burkina. Si ce film a séduit le jury du prix, sans même qu’elle ait postulé, c’est la preuve que Flore Yaméogo a fait un atterrissage réussi dans le domaine de la réalisation. C’est tout à l’honneur de la RTB et du CIRTEF qui ont co-produit l’œuvre. C’est enfin une belle fleur que Flore peut brandir fièrement.
Kouka Ouédraogo et Cie: citoyens de Pissila. Malgré les campagnes de lutte contre l’excision, dame Kouka continue d’offrir ses services à des parents aussi inconscients qu’elle. Depuis la semaine dernière, elle réfléchit sur son sort à la Maison d’arrêt et de correction de Kaya pour avoir excisé 6 fillettes, en septembre dernier, dans le village de Wilaogo dans la commune rurale de Pissila. Parmi ses complices, 5 autres femmes, mais aussi et surtout Tiraogo Sawadogo, Sadaré Ouédraogo et Zoewendtaroré Ouédraogo, tous des chefs de famille, qui n’ont cure de l’intégrité physique de leurs filles. En tant que donneurs d’ordre et caution morale de cette violence faite aux fillettes, la logique aurait voulu qu’ils soient plus lourdement punis que l’exciseuse. Hélas. C’est cette dernière qui paie les pots cassés avec 18 mois d’emprisonnement ferme alors que ses complices s’en sortent avec 5 et 6 mois d’incarcération. Pourvu que cela fasse réfléchir tous ceux qui sont encore tentés par la pratique de l’excision.