Journal du
Jeudi N°892
du 23 au 29 octobre 2008
Le gouvernement et le secteur privé burkinabè sont encore allés se conter fleurette à Bobo pour la huitième fois. Cette assiduité pourrait traduire un grand amour niché au bord du Houet. En tout cas, à entendre les opérateurs économiques eux-mêmes, ces retrouvailles sont tout à leur honneur et pour leur bonheur. Chaque année, dans la cour assidue qu’il leur fait, l’Etat ne cesse de leur faire des yeux doux en établissant des concessions qu’un langage technique qualifie de mise en place d’un environnement favorable aux affaires. Quand les affaires vont, tout va au pays des Hommes intègres.
C’est la leçon que l’Etat burkinabè a apprise, lui qui est sans littoral et qui n’a d’autres ressources que le coton et des poussières d’or. Depuis la nuit des temps, ce pays des savanes est peuplé d’experts en négoce qui se sont mués au fil des années en importateurs-exportateurs. La terminologie désormais consacrée d’opérateurs économiques cache d’ailleurs, tant bien que mal - plutôt mal que bien la plupart du temps - la réalité de simples commerçants qui cherchent la nourriture de leur bouche. En boostant leurs activités, l’Etat en tire des retombées substantielles pour son fonctionnement. Nul n’ignore l’importance des taxes et des impôts dans les recettes du budget national. La proportion est telle que les privés se demandent si ce n’est pas eux qui financent l’Etat. Ce à quoi ce dernier répond qu’il faut bien qu’il y ait un Etat pour que des affaires se fassent et que le privé prospère. C’est donc le principe des vases communicants. Tant qu’on s’en tient à cette logique purement dialectique et économique, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
Les glissements de terrain interviennent quand l’Etat ou, plus pudiquement, les pouvoirs publics prennent le secteur privé comme une vache à lait ou quand le politique en fait un champ de gombo frais. Là, ça fausse toutes les règles de gestion et il n’est pas rare de voir des opérateurs économiques, devenus opérés économiques, plier le genou. Les affaires dans les affaires conduisent à la ruine économique, tout comme les affaires sur le dos de l’Etat. L’assainissement du milieu et la prise de mesures incitatives sans arrière-pensée de part et d’autre contribuent à asseoir une économie viable qui conduira le Faso à la prospérité. Ainsi, le monde des affaires privées fera l’affaire du public, ce qui est, en définitive, l’affaire de tout le monde.
Les Burkinabè peuvent compter sur Testicus Zorro, le manager qui, sur ce point précis, sait de quoi il parle et parle de ce qu’il sait. Les tables de lois qu’il a gravées depuis son arrivée sont les prémices d’une volonté de traduire la bonne gouvernance dans les faits et rechercher la croissance par le travail.
Arithmétiquement, de nombreuses barrières à la promotion du secteur privé sont tombées. Le peuple est donc en droit d’attendre de bénéficier des fruits de la prospérité.