LG est une marque connue de climatiseurs et... de confiture. Pourquoi de confiture? Pardi! parce que la ''déconfiture'' de la Côte d'Ivoire est à un stade si avancé que l'on se demande sur quoi le président du FPI (la seule entité qu'il contrôle totalement, et encore...) fonde son optimisme. Il a fait savoir à la France qu'il n'envisage pas l'entrée des rebelles au gouvernement avant six mois ou un an.
Convaincu, d'un point de vue purement agricole, que le cacao pousse bien sur les charniers, Laurent Gbagbo laisse faire les escadrons de la mort, sans doute pour enrayer l'explosion démographique des étrangers. La maîtresse de cérémonie, dame Simone, veille au grain pour éviter à son présidentiel mari toute velléité déviationniste. Même si le vin du pouvoir a un goût de sang, il faut le boire jusqu'à la lie.
Au risque d'y laisser sa bosse, le Dromadaire a réussi à capter pour vous quelques bribes de conversation au sein du couple présidentiel au palais de Cocody.
LAURENT: C'est toi Simone? Qu'est-ce que tu veux encore?
SIMONE: Je veux que tu descendes tout de suite de cet hélicoptère. Ça fait un mois que tu squattes le MI-24, c'est pas fait pour ça.
LAURENT: Écoute, tu sais bien que les choses peuvent nous échapper à tout moment. Tu devrais t'installer avec moi ici, dans l'appareil. En cas de grabuge, on décolle dare-dare pour le Togo.
SIMONE: Si le vent tourne, on aura quand même le temps d'embarquer, mais on ne peut pas vivre dedans, Laurent! Y a même pas de toilettes.
LAURENT: Ah oui, c'est vrai. Je vais demander à Lida Kouassi de me commander un hélico blindé avec W-C intérieur.
SIMONE: C'est pas un hélico qu'il te faut, pauvre trouillard, c'est un sous-marin.
LAURENT: Ah non! Pas ça. Je suis claustrophobe.
SIMONE: Dans ce cas, tu as intérêt à m'aider à finir le sale boulot, sinon c'est la claustrophobie à perpétuité devant le TPI...
LAURENT: Parle pas de malheur. Je préfère encore finir comme Gueï, les yeux ouverts.
SIMONE: Si t'as pas eu les yeux ouverts pendant ton règne, c'est pas étant mort qu'ils vont s'ouvrir, mon gaillard!
LAURENT: Écoute comment tu me parles!... Je te rappelle que je suis encore le président de la République de Côte d'Ivoire...
SIMONE: Président de la moitié seulement. Et sans mes escadrons de la mort...
LAURENT: Arrête, je te dis. Je contrôle la situation. Je viens d'avoir le Parti socialiste français au téléphone. Ils me soutiennent, eux au moins.
SIMONE: Avec le PS français, tu vas connaître le sort de Jospin. Moi, je te dis qu'il faut renégocier avec de Villepin.
LAURENT: C'est un traître. Il a monté son coup pour permettre au petit Guillaume Soro de me tomber dessus à bras-Marcoussis. Non, je ne fais plus confiance à un Français.
SIMONE: Ah, parce que tu leur faisais confiance?!...
LAURENT: A qui d'autres? Les mercenaires ne sont pas fiables.
SIMONE: Ton seul ami, c'est Éyadéma, tu le sais bien.
LAURENT: Je ne l'aime pas. C'est un ancien putschiste comme le général Gueï. Les militaires ne sont pas faits pour le pouvoir.
SIMONE: T'aimes pas Éyadéma, Obasanjo t'a lâché, Kérékou t'insulte, ATT t'ignore, Tanja regarde ailleurs, les jours de Conté sont comptés, Taylor est un va-t'en-guerre et Kadhafi n'a d'oreille que pour le Burkina. Quant à Blaise, j'en parle même pas. Hormis les militaires, il y a Wade, qui ne te fait pas de cadeau non plus, et le Ghanéen qui est trop occupé à surveiller Rawlings. Même Bongo est remonté contre toi. A croire que t'es pestiféré.
LAURENT: J'ai voulu tendre la perche à Bush, mais il a reçu une tuile de Columbia sur la tête.
SIMONE: Réfléchis, si tu lui avais dit que c'est Al-Qeada qui a scudé sa navette spatiale à partir de Ouaga, tu serais tiré d'affaires.
LAURENT: Bush est con, mais pas à ce point, tout de même. Tout ça, c'est la faute des Français. 'Faut dire à tes gars de casser du Blanco deux jours, ça va les faire réfléchir.
SIMONE: J'ai déjà essayé.
LAURENT: Ils ont réfléchi?
SIMONE: Ils ont juste infléchi leur position en rapatriant leurs compatriotes en masse.
LAURENT: C'est la catastrophe! S'ils partent, on n'aura plus de bouclier humain contre l'avancée des rebelles. Allez, monte Simone, dégageons pendant qu'il est temps.
SIMONE: Couille molle! On va vendre chèrement notre peau!
LAURENT: Tu sais, le commerce, ça ne m'a jamais réussi. Vends la peau de l'ours que tu veux, moi je me tire d'ici!
SIMONE : J'ai caché la clé de contact de l'hélico. Tu ne peux pas te sauver. Quant aux fils qu'on branche sous le tableau de bord comme dans les films, n'y pense même pas, car si tu te trompes de couleur, ça fait boum!...
Sentant le roussi, le Dromadaire espion a préféré prendre la poudre d'escampette pour rapporter cette conversation ultraconfidentielle à